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mercredi 20 février 2008

Station République

Qu’est ce que je fais là ?
Mais où ?
Le métro… Station République.
Quel jour sommes nous déjà ?
Le dernier ?

Ah oui ça y est je me rappelle.
Toi, elle.
Non, je ne veux pas me rappeler.
L’image est monochrome déjà,
Ton corps luisant,
Son corps vibrant…
Ces bruits qui me tailladent le cœur,
Ces gémissements qui me figent le sang.
C’est toi,
C’est elle.
A ma place, dans ces draps, dans tes bras…
Je suis l’apparition,
Le flash qui vient interrompre l’instant.
Double regard interdit,
En équilibre entre la surprise et la stupeur.
Juste au dessus d’un torrent de honte,
Juste au devant de la fin…
Posé sur un silence abrupt.

Au secours !
Qu’est-ce que je dois faire maintenant ?
La porte, le couloir, le hall, la rue !
Et… Et le métro.
Le métro… Station République.

Je vais perdre l’équilibre,
Ça tangue dans ma vie.
J’ai le mal de mer je crois…
Des courants d’air plein la peau,
Un gouffre entre le cœur et le foie.
Et ça résonne là-dedans,
Ça gueule des mots incompréhensibles
Mais douloureux…
A en crever…
Se laisser momifier de l’intérieur,
Voilà ce qu’il reste à faire.
Partir en poussière au prochain courant d’air.
Pendant que tous ces cons courent à leur perte
A leur tour…
Ça doit faire mal une rame de métro en pleine tête,
En pleine douleur,
Station République...

Après moi

Quand tu m’auras quitté pour d’autres attitudes ;
Que mes regards de larmes se crèveront au pic de ton mépris ;
Quand tu seras lassé de gommer les bleus de mon ego,
Fatigué de réparer ce système dépressionnaire plein de fuites, de courants d’air !
Toujours à rechercher le point d’usure pour y coller tes rustines d’amour…
A donner des réponses aux questions qui n’en méritent pas,
A repeindre mes spleens intimes d’une énième couche de tendresse surannée.

Tu comprendras peut-être…
Peut-être…

Tu reconnaîtras le coupable au tribunal du désespoir.
Ce clown gris en robe de bure…
Ce petit soldat au cœur de plomb,
Cette poupée de papier qui te refusait ses sourires fugitifs.
Ce n’était que moi mon amour…
Pas celle que tu croyais voir à travers les brumes de la vie ;
Juste une toxico du manque aux veines comme des puits sans fonds.

Merci de m'oublier

De ces moments, ces parenthèses,
De ces lieux-dits où l’on s’aimait ;
De ces odeurs de crème anglaise,
Je n’emporterais rien après.

Je ne veux pas me souvenir,
Je ne veux plus réinventer,
Les mots qui bordaient tes sourires,
Ta peau sous mes lèvres envoûtées…

En cet instant j’ouvre la bouche…
Et la fin s’apprête à jaillir…
Je suis la cime et toi la souche
De cet arbre mort qui chavire.

Sois attentif encore une fois,
C’est la dernière, c’est l’ultime…
Je ne t’aime plus, crois-moi.
Oui c’est cruel, oui c’est un crime.

Mais ne pleure pas, reste digne.
Je ne veux pas de tes regrets.
Garde ton regard sur la ligne,
Et trouves-toi d’autres secrets…

Car je suis de celles qu’on oublie,
Toi, de ceux qui ne laisseront,
Qu’une impression de belle nuit,
Qu’un son de voix, un prénom.

mardi 19 février 2008

Black out

Tu joues avec mes nerfs
Comme toi seul sais le faire
Tu chauffes à 10 000 watts
Tu crépites, tu éclates

Et moi, éteinte dans la coursive
Je continue, alternative
A planter mes doigts dans tes prises
A attendre que tu m’électrises

Mon cœur clignote
Et c’est Noël
Pour la loupiote
L’étincelle

Tes sentiments climatisés,
Un jour brûlants, un jour gelés
Ont remisés mon cœur au four
Vidés mes batteries de secours

Je mets sur « off » notre machine
Je coupe le jus, j’extermine
La chose qui grandit entre nous
Ce drôle d’outil qui nous rend fous

Ce courant-là qui vient, qui passe
Qui nous allume, qui nous terrasse
Mes fusibles argentés s’en vont cramer lascifs
Mes pupilles dilatées se crèvent sur tes récifs

Appareil inutile
Maîtresse malhabile
J’arrête, coupe les fils
J’suis morte, change les piles