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mercredi 20 février 2008

Vibration linéaire

Epicentre vibratoire, je brûle les étapes.
Visage grimaçant au fond d’une tasse de café,
Je ravale ma façade par rasades
De sourires plastifiés.
Je prends de l’avance sur mon passé
En gravant mes erreurs dans le marbre des tombeaux.
Mon palpitant élastique en perpétuelle secousse sismique,
Arythmique,
Tient la distance pour le moment.
Pour eux, fusions de mon magma interne ;
Pour lui, qui reçoit mes éruptions épisodiques ;
Celle que mon enveloppe désincarnée ne peut contenir,
Sous peine d’auto combustion…
Létale, avec un peu de chance…
En attendant, je continue de continuer.
A bout de bras,
A bout de nerf,
A bout de souffle,
Au bout de mes heures qui s’effilochent,
Je porte, supporte et soutiens mon monde.
Il me reste quelques fusibles à griller là-haut,
Derrière mon regard éteint.
Et toujours ces millions de symboles qui suintent…
Ces enfants du néant que j’insémine au compte-goutte.
Ces histoires fantômes que j’exhume de mon cerveau en grandes pompes,
Funèbres histoires s’il en est !
Mais les miennes.
Ces abstractions de moi où je me purifie.
Lac sacré derrière le verre sécurit de ma solitude
D’auteur,
De mère,
De fille,
De femme.

Mal

J’ai mal au ventre,
Mal aux projets,
Mal aux envies.
J’ai échangé un bout d’espoir
Contre cent lignes de nuits
Blanches,
Grises,
Vides.

Sous tes regards cicatriciels
Il y a « avant »…
Sous mes paupières gonflées de sel
Il y a du sang.

Mes traumas en pelotes,
Coincées entre le cœur et la réalité
Courage ma fille,
Encore un peu d’air à vomir !
Encore un peu de change à donner…
Monnayer tes rêves en devises amères
Et encaisser,
Une nuit de plus.

Mauvais coup

Talons aiguilles.
Seringues graciles plantées dans le bitume humide des nuits monoplaces.
Bas résilles.
Auto-fixants, accrochés aux attentes de mes cuisses
Aux abords de mes désirs cloisonnés.
Faire l’amour sans amour
Comme faire la guerre sans la haine…
Sans le piquant du jeu,
Sans s’oublier sous la mitraille de la profondeurs des gestes.
En attrapant au vol un papillon de solitude
Du bout des cils,
Enlacer son silence et le confondre
Avec le mien…
Echange de pulsions complémentaires
Sans commentaires.
Mélange d’envies bradé au prix de l’instant.
Cette heure tardive qui s’éternise
En monologues imprégnés de regrets.
Dans ces yeux inconnus,
Mon reflet fait la gueule.
Sur un coup de tête,
Sous un coup de reins,
Mes restes d’orgueil s’étiolent…
Et je m’éteins.

On se rappelle ?
Non.

mardi 19 février 2008

12 euros le m²

Le chien noir en équilibre sur la nuit
Me regarde…
Il est partout où je vais.
Les poings en sang tout au fond de mes poches,
Les dents serrées, cassées,
Je rumine mon abjection comme une vieille chique.
Pandémie en sommeil dans une peau de génisse.
Je ne donnerais pas de lait cette année.
Je ne donnerais plus rien à personne ;
Puisque le monde, du haut de son orbite discordant
Me regarde de travers…
Paranormale parano dans un univers de dyslexie sentimentale.
Mes pistes d’atterrissage, tapis de tessons en fusion,
Et les tableaux d’affichage de mes pudeurs censurées,
Tout me chante « plus pure sera la pute ».
Et ça clignote en rouge sur rouge
Quand de l’étreinte métal-satin
Je donne la vie,
La mienne.
Celle qui s’écoule et qui ruisselle de mes veines
A mes déveines…
Jusqu’au sol à 12 euros le mètre carré.
Le carrelage en récipiendaire de mon identité biologique.
Dernier endroit où j’irais me répandre en silence.
Après toutes ces oreilles où je n’étais que bruit de fond.
Acouphène timide…
Autolyse programmée d’une souffrance muette,
Suicide annoncé à grands renforts de cris
Au fond des yeux.
De ceux qu’on entend quand les regards se baissent.
De ceux qu’on entend trop tard.
De ceux qu’on entendra plus.
Les miens

Dur réveil en décembre

Au sortir de mes nuits paraboliques,
Ces éternités nocturnes où je suis chienne,
Où je suis reine au collier lames de rasoir ;
Je roule des mécaniques,
Je passe mes vieux réflexes à l’huile…
Extrême onction à mes envies
De normalité honteuse.
De fin de règne…

Mes attitudes psychotropes ne leurrent plus personne…

Derrière les sourires mentholés,
Je sens le vitriol qui s’impatiente…
Encore quelques croix à porter
Avant le crash,
Patience…
L’expiation est pour demain,
Le père Noël me l’a promit,
Sur son lit de mort…

Froide

Au clair de mes absences
Brille un frisson de sel iodé
Reginglard d’innocence
Légion pétrie de préjugés

Ta clef dans ma serrure
Rouillera de désirs
Ton axe en ma cambrure
Pour m’ouvrir, et mourir

Retiens ta peine mon amour
J’ouvre les vannes, je t’inonde
Vogue sur mes veines au long court
J’avalerais le beau, l’immonde

Assise en haut de l’escalier
Là, sur les marches du bonheur
Je te regarde escalader
Le vague à l’âme de ma torpeur

Frigide.

Abysses intimes

Encore un pavé dans la mare
Un coup de surin dans la mémoire.
Un mot de plus au bout de mes rides
Un geste flou qui grave l’instant.
Et je m’en retourne à mes abysses…

Je me feuillette comme une bible,
Je récite les versets de mon aura à facettes.
J’ai dû apprendre un jour à accepter…
J’ai dû savoir parler d’amour…
Connaître le goût du bonheur,
La faim de l’autre.

Toutes ces sorties de secours
Tous ces non-sens giratoires,
Toutes ces impasses en plein visage,
Je les ai empruntées
Sans intérêt…

J’voudrais avoir des alibis
A mes absences de compassion.
J’voudrais te dire qu’avec l’espoir…
Mais là, j’en manque.
Alors pardonne-moi de ne pas m’excuser
De ne plus t’aimer.

Tes rictus, tes douleurs, tes larmes rouges
Sur mon fond pâle couleur de vide.
Tout ça dégouline bruyamment,
Tout ça me lasse, hélas…
Le déjà-vu de la souffrance…

Et tu brandis la mort, l’ultime sémaphore ;
Triste naufrageur amateur…
Vu du dessus, tu te répands en coulées luisantes
De désespoir en soldes…
J’ai claquemuré mon empathie à l’âge de pierre,
C’est peine perdue pour toi que de parier sur nous.

De dos je serais un plus beau souvenir
Que la moitié vide de toi que j’étais devenue.
De loin tu verras mieux mon manque de présence.
Je te laisse à tes blessures égoïstes, à mes coups d’éclats noirs…
A cette rancœur que je t’ai apprise.

Je m’en retourne à cette plénitude silencieuse où tu n’as pas de place.
Ces profondeurs de solitude,
Ces presqu’îles de sérénité …
Ces non-attentes,
Ces non-compromis.
C’est moi.